1. Identifier des zones homogènes

Avant tout prélèvement, la parcelle doit être subdivisée en zones aussi homogènes que possible.

Pour les cultures pérennes, cette subdivision peut notamment tenir compte :

  • de l'espèce et de la variété cultivées ;
  • de la profondeur, de la couleur, de la pierrosité et de la perméabilité du sol ;
  • de la structure et de la morphologie du terrain, notamment la présence d'une pente ;
  • de l'historique de productivité de la parcelle ;
  • du mode d'irrigation ;
  • de l'aspect général de la végétation.

Pour un terrain nu ou destiné aux cultures annuelles, l'aspect général du sol, sa structure, sa morphologie et l'historique de la parcelle constituent également des critères importants.

Combien de prélèvements réaliser ?

Dans chaque zone homogène, CLIC LAB recommande de réaliser 10 à 20 prélèvements élémentaires afin de constituer un échantillon composite représentatif.

À titre indicatif, un échantillon composite peut représenter environ 5 hectares. Pour les grandes superficies, l'unité d'échantillonnage ne devrait pas dépasser 10 hectares, même lorsque le terrain semble visuellement homogène.

2. Choisir la bonne profondeur

La profondeur de prélèvement doit être adaptée au type de culture.

Cultures pérennes :

  • horizon superficiel : 0 à 30 cm ;
  • sous-sol : 30 à 60 cm, notamment dans le cadre d'une future plantation ou lorsqu'un problème est observé sur une parcelle déjà plantée.

Cultures annuelles :

  • prélèvement généralement réalisé entre 0 et 30 cm.

Il est important de ne pas mélanger des horizons différents lorsqu'ils doivent faire l'objet d'analyses distinctes.

3. Où prélever dans la parcelle ?

En arboriculture, le prélèvement doit être effectué dans une zone représentative de l'apport d'eau et d'engrais, sous l'aplomb de la frondaison.

Certaines zones particulières doivent être évitées, notamment les secteurs présentant une accumulation localisée d'engrais ou, à l'inverse, une dilution excessive directement au niveau des goutteurs.

4. Comment répartir les points de prélèvement ?

Plusieurs schémas peuvent être utilisés pour parcourir la parcelle :

Prélèvement en cercle • Prélèvement en zigzag • Prélèvement en diagonales

Pour assurer un suivi pertinent de la fertilité dans le temps, il est préférable de conserver le même schéma d'échantillonnage lors des campagnes successives. L'utilisation du GPS pour enregistrer les points de prélèvement permet également d'améliorer la reproductibilité du suivi.

5. Constituer l'échantillon destiné au laboratoire

Le prélèvement est réalisé de préférence à l'aide d'une tarière.

Les différents prélèvements élémentaires d'une même zone homogène sont recueillis dans un seau propre en plastique, puis les mottes sont brisées et la terre soigneusement mélangée.

Après homogénéisation, environ 500 g de sol sont prélevés pour constituer l'échantillon à transmettre au laboratoire.

Lorsque deux horizons différents sont échantillonnés, il convient de les maintenir séparés, par exemple en utilisant deux récipients distincts. Chaque échantillon doit également être clairement identifié.

6. Conditionnement et conservation : une étape déterminante

Les conditions de conservation dépendent des analyses demandées.

Analyses nécessitant un sol frais

Pour certaines analyses telles que l'humidité au prélèvement, l'azote minéral, les tests de minéralisation ou la biomasse microbienne, l'échantillon doit être conservé dans des conditions permettant de limiter l'évolution de sa composition.

Le protocole CLIC LAB prévoit notamment :

  • un conditionnement adapté ;
  • une conservation au frais, à environ 4 °C, et à l'obscurité ;
  • l'utilisation d'une glacière sur le terrain puis d'un réfrigérateur ;
  • un acheminement vers le laboratoire le plus rapidement possible et dans un délai maximal de 3 jours.

Lorsque ce délai doit être dépassé, le protocole prévoit une conservation à −18 °C.

Analyses réalisées sur sol sec

Pour une analyse chimique classique de fertilité ou la recherche de métaux lourds, l'échantillon peut être conditionné dans un sac plastique épais et conservé à l'ombre.

Les sachets peuvent être laissés entrouverts afin de favoriser le début du séchage, tout en prenant les précautions nécessaires pour éviter toute contamination.

Dans ces conditions, le guide CLIC LAB prévoit une conservation pouvant aller jusqu'à 2 à 3 semaines avant acheminement au laboratoire.

Lorsque des analyses sur sol frais et sur sol sec sont demandées simultanément, l'échantillon doit être traité comme un échantillon de sol frais ; le laboratoire pourra ensuite sécher la fraction nécessaire aux autres analyses.

7. Bien identifier son échantillon

Pour faciliter l'interprétation des résultats, les échantillons doivent être accompagnés des renseignements nécessaires.

La fiche d'accompagnement doit notamment préciser :

  • le nom et l'adresse de l'exploitant ;
  • le nom du préleveur ;
  • la date du prélèvement ;
  • la référence de la parcelle ;
  • la profondeur ou couche prélevée ;
  • la culture concernée.

De l'échantillon à la décision agronomique

Une analyse performante commence bien avant l'arrivée de l'échantillon au laboratoire.

Zone homogène → prélèvements élémentaires → homogénéisation → échantillon composite → conditionnement adapté → analyse au laboratoire → interprétation agronomique

Le respect de cette chaîne permet d'obtenir un échantillon aussi représentatif que possible de la parcelle et d'améliorer ainsi la pertinence des résultats analytiques.

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